Exemples de situations déroutantes mais normales en EHPAD

📍 1. "Le cri" ou les appels répétés dans le couloir

La peur de l'aidant : "Il y a une dame qui hurle 'Au secours' dans le couloir et personne ne vient, c'est de la maltraitance !"

La réalité : Certains résidents atteints de troubles cognitifs utilisent le cri comme seul mode de communication ou de décharge émotionnelle, sans qu'il y ait de douleur physique. Les soignants connaissent ces résidents par cœur. S'ils n'accourent pas, c'est qu'ils savent que la personne est en sécurité et que leur présence immédiate n'arrêtera pas le cri.

Le réflexe Juana : Respirez. Ce n'est pas parce qu'un résident crie que tout l'étage souffre. Concentrez-vous sur votre proche.

📊 2. Le "syndrome du glissement" apparent

La peur de l'aidant : "Il reste assis à regarder le mur, il n'a plus envie de rien, il se laisse mourir depuis qu'il est ici."

La réalité : Le rythme du grand âge n'est pas le nôtre. Ce qui ressemble à de l'ennui mortel pour nous est parfois un moment de repos nécessaire pour eux. Le cerveau traite les informations beaucoup plus lentement. Ce n'est pas forcément une dépression, mais une économie d'énergie.

Le réflexe Juana : Observez si, quand vous lui parlez, il y a une réaction. Si le contact est là, c'est juste un rythme lent, pas un renoncement.

🔎 3. La perte d'objets (prothèses, dentiers, lunettes)

La peur de l'aidant : "C'est le chaos, on ne surveille rien, on lui a volé ses lunettes !"

La réalité : C'est le défi n°1 des EHPAD. Les résidents démentis enlèvent souvent leurs prothèses, les posent sur un plateau repas, les cachent dans une serviette ou les jettent dans le linge sale par erreur.

Le réflexe Juana : C'est un risque connu. Assurez-vous que tout est marqué et disposez d'une photo des objets. C'est frustrant, mais ce n'est pas un signe d'incompétence de l'équipe, c'est la vie en collectivité avec des troubles de la mémoire.

📋 4. Le refus de la toilette

La peur de l'aidant : "On m'a dit qu'il n'avait pas été douché depuis 3 jours, c'est un manque d'hygiène inacceptable !"

La réalité : La loi interdit de forcer un résident. Si votre proche refuse catégoriquement la douche (par peur de l'eau, pudeur ou confusion), les soignants doivent respecter ce choix et retenter plus tard ou faire une "toilette au lit" partielle.

Le réflexe Juana : Demandez à l'équipe : "Quelles stratégies utilisez-vous quand il refuse ?". C'est un signe de respect du consentement, pas de la paresse.